lundi 21 août 2017


INTERPRETATION DE LA SUR EXPRESSION DE L’ALK4 EN IMMUNOHISTOCHIMIE DANS LES CARCINOME NON A PETITES CELLULES DU POUMON (ADENOCARCINOME)



EST CONSIDERE ALK+ :

La présence d’un marquage granulaire cytoplasmique dans les cellules tumorales (n’importe quel
poucentage des cellules positives).

Dans la majorité des cas positifs, le signal est distribué de façon homogène avec une intensité
généralement uniforme à travers les cellules tumorales exprimées.
Cependant, dans certains cas positifs, l’intensité du signal peut être hétérogène.

N.B :

Des faux positifs à connaitre et à exclure :
-fin marquage cytoplasmique des macrophages alvéolaires
-cellules d’origine nerveuse (filets nerveux et cellules ganglionnaires)
-cellules épithéliales glandulaires non tumorales et cellules incluses au sein d’un infiltrat
lymphocytaire par exemple

A noter aussi qu’un bruit de fond peut être observé dans une muqueuse normale en cas de
carcinome non à petites cellules (mucus inclus) ainsi que dans les zones nécrotiques ; un tel aspect
ne doit pas être pris en compte dans l’interprétation immunohistochimique.

Si mucus et cellules tumorales marqués, avec un témoin interne- (cellules glandulaires normales) :
Test ALK+.

EST CONSIDERE COMME ALK- :

L’absence d’un marquage granulaire cytoplasmique intense dans les cellules tumorales (sachant qu’un marquage peu intense mais homogène, peut être considéré comme positif).





DR J.BADREDDINE

mardi 6 juin 2017

IMMUNOTHERAPIE ET CANCER DU POUMON (Dr J.Badreddine)



Plusieurs étapes sont requises pour le système immunitaire pour attaquer efficacement les cellules tumorales


Il s’agit dans l’ordre :

1/ Reconnaître la tumeur

2/ Présentation de l’antigène tumoral aux cellules T

3/ Activation des cellules T

4/ Attaque directe de la tumeur



1/ L’IMMUNO RECONNAISSANCE est initiée par les cellules présentatrices de l’antigène ou APC ( ANTIGEN PRESENTING CELLS) : Il s’agit des cellules dendritiques via les molécules de MHC ou MAJOR HISTOCOMPATIBILITY COMPLEX lesquelles sont exprimées à la surface des APC.

Ce processus déclenche l’expression de B7.1  et  de B7.2 au niveau des APC qui migrent aux ganglions lymphatiques.


2/ et 3/Dans le ganglion, les APC présentent l’antigène tumoral aux cellules T qui sont « au repos », via l’interaction avec le récepteur Ag-spécifique de la cellule T.



En plus, s’il existe une interaction entre le B7.1 et le B7.2 et le CD28 sur la cellule T, l’activation de la cellule T intervient et celle-ci quitte alors le ganglion lymphatique.


4/ Lorsque la cellule T arrive au contact de la tumeur et reconnaît l’antigène exprimé sur la tumeur en association avec le MHC, elle libère des enzymes cytolytiques (PERFORIN ET GRANZYM), ainsi que les cytokines et recrute en même temps d’autres membres du système immunitaire et ainsi prolifèrent. 

Le résultat est donc la destruction de la tumeur et la création des cellules T dites « mémoires ».

Il s’agit du même processus utilisé par le système immunitaire lorsqu’il s’attaque à d’autres processus pathologiques comme par exemple dans les infections dues aux virus


Plusieurs « points de contrôle » existent pour affaiblir la réponse immunitaire et ceci dans le but de protéger contre l’inflammation préjudiciable ou nocive et l’auto immunité.


En ce qui concerne la malignité, de tels points de contrôle sont co optés par les tumeurs, entrainant ainsi ce qu’on appelle une tolérance immunitaire et par conséquent un échappement et une progression de la malignité tout en acquérant des mutations.


Deux points de contrôle caractéristiques qui constituent chacun une cible dans les carcinomes non à petites cellules (CNPC) du poumon, étudiés lors des essais cliniques, sont le CTLA-4 (CYTOTOXIC T LYMPHOCYTE ANTIGEN-4) et le PD-1 (PROGRAMMED DEATH RECEPTOR-1)


LE CTLA-4 intervient précocement  dans l’activité de la cellule T (ou phase d’amorçage). Il est surexprimé sur la cellule T après exposition de celle-ci à l’antigène.

En plus, en rentrant en compétition avec le CD28 par sa liaison avec le B7.1 et le B7.2 avec une affinité supérieure, il délivre ainsi un signal négatif à la cellule T, réalisant un blocage au signal co stimulateur ; ce dernier étant le résultat de l’interaction avec le complexe B7.1/B7.2/CD28 qui est nécessaire à l’activation de la cellule T.


LE PD-1 agit comme inhibiteur au niveau du site de la tumeur (phase effectrice), à la différence donc de CTLA-4 lequel fonctionne largement au niveau des organes lymphoides.

Le PD-1 est surexprimé sur les cellules T activées et lors de la reconnaissance de la tumeur via le récepteur présent sur la surface de la cellule T, l’engagement de PD-1 avec son ligand le PD-L1, il induit une inactivation du lymphocyte T .

Un des premiers mécanismes connus de l’expression de PD-L1, est celui du processus inflammatoire dans le micro environnement tumoral en grande partie induit par l’INTERFERON GAMMA.

 Un autre mécanisme possible de l’expression de PD-L1 est d’ordre mutationnel au niveau de la tumeur, indépendamment de l’inflammation tumorale.



L’ACTIVATIONDES POINTS DE CONTRÔLE IMMUNITAIRE INCLUANT LE CTLA-4 ET LE PD-1 /PD-L1, ATTENUE L’AMPLITUDE DU RECEPTEUR T OU TCR, AU NIVEAU DE LA CELLULE TUMORALE




ANTICORPS ANTI-PD1 ET ANTI-PDL1


L’évaluation des anticorps anti PD-1  et anti PD-L1 est fonction de l’interaction distincte ligand/récepteur : PD-1/PD-L1 ou PD-L2,  PD-L1/B7.1 ; cette dernière interaction étant également connue comme inhibitrice, entrainant une inactivation de la cellule T .


L’effet inverse est aussi vrai pour le PD-L1 inhibant ainsi l’apoptose de la cellule tumorale.




LES ANTICORPS BLOQUANTS PD-1 :


1/NIVOLUMAB : Ac Antagoniste Monoclonal IgG4 à PD-1 :

Utilisé dans les CNPC du poumon, épidermoides et non épidermoides, à un stade avancé ayant progressé après chimiothérapie standard à base de Platine (indépendamment de l’expression de PD-L1 dans la tumeur).


PEMBROLIZUMAB : Ac Antagoniste Monoclonal IgG4 à PD-L1

Utilisé en première ligne si plus ou égal à 50% des cellules tumorales exprimées en IHC (22C3 Dako)



ATEZOLIZUMAB : Ac Antagoniste IgG1 à PD-L1 

Utilisé dans les CNPC métastatiques dont la maladie a progressé pendant et après chimiothérapie à base de Platine.

Les patients ayant des altérations génétiques EGFR ou réarrangement ALK, doivent avoir une progression de leur maladie pour bénéficier de ce traitement.


DURVALUMAB : Ac Antagoniste IgG1 à PD-L1


BMS-936559 : Ac Antagoniste humanisé IgG4 à PD-L1



ANTICORPS ANTI CTLA-4 : IPILIMUMAB : Ac Monoclonal IgG1

Prolonge la survie chez les patients ayant un mélanome métastatique.




EN RESUME :


1/ L’immunothérapie anticancéreuse a pour but d’augmenter la reconnaissance du cancer comme étant un corps étranger, stimule la réponse immunitaire et enlève l’inhibition du système immunitaire ; inhibition qui permet la tolérance, la survie et la croissance tumorale.


2/L’inhibition des points de contrôle immunitaire a montré des résultats dans le traitement des CNPC à un stade avancé et est intégrée dans l’approche clinique pour la prise en charge des CNPC du poumon :


a/ Les patients qui n’ont pas reçu de traitement systémique pour le CNPC avancé et n’ayant pas de contre-indications à l’immunothérapie (par ex, une condition auto immune active nécessitant un traitement immunosuppresseur), les auteurs proposent de déterminer le statut de PD-L1 EN IHC, utilisant le 22C3 de Dako.


b/ Les patients n’ayant pas de mutations EGFR ou réarrangement ALK et pour lesquels plus de 50%  de cellules tumorales sont exprimées en IHC, les auteurs recommandent un traitement par PEMBROLIZUMAB (KEYTRUDA)


c/ Les patients n’ayant pas de mutation activatrice et ayant progressé sous chimiothérapie initiale pour les CNPC avancés, les auteurs recommandent une immunothérapie anti PD-1 ou anti PD-L1.


d/Les patients ayant une mutation EGFR ou réarrangement ALK, ayant progressé sous traitements ciblés, de même qu’avec au moins une ligne de chimiothérapie, les auteurs proposent une immunothérapie et/ou d’autres lignes de chimiothérapie ; options thérapeutiques acceptables.


e/ Les patients qui ont progressé sous chimiothérapie et qui vont recevoir une immunothérapie de type NIVOLUMAB ou ATEZOLIZUMAB sont ses options thérapeutiques acceptables (indépendamment de l’expression de PD-L1 en IHC).


Si PD-L1+ dans au moins 1% des cellules tumorales avec le 22C3, le PEMBROLIZUMAB est une option thérapeutique.


De multiples inhibiteurs de points de contrôle immunitaires sont actuellement en cours de développement aussi bien en monothérapie ou en combinaison avec d’autres immunothérapies, chimiothérapies, thérapies ciblées ou radiothérapies. 


mercredi 12 avril 2017

Proposition de classification de tumeurs des glandes salivaires surmatériel d’aspiration cytologique (J Badreddine)


Catégorisation/sub catégorisation 
Matériel non satisfaisant
Non néoplasique
Adénome pléomorphe
Tumeur de Warthin
Néoplasme cellulaire basaloïde monomorphe avec stroma fibrillaire
Néoplasme cellulaire basaloïde monomorphe avec stroma hyalin
Néoplasme cellulaire basaloïde monomorphe avec fond mixte/autres
Néoplasme cellulaire basaloïde monomorphe avec cytoplasme granuleux dense/vacuolaire
Néoplasme basaloïde pléomorphe
Néoplasme Oncocytoide monomorphe avec fond kystique
Néoplasme Oncocytoide monomorphe avec fond autre
Néoplasme Oncocytoide monomorphe avec fond mucineux
Néoplasme Oncocytoide pléomorphe

Les cas non satisfaisants pour le diagnostic mais montrant seulement un fond de contenu kystique (c’est-à-dire, peu ou pas de cellules épithéliales ; cellules inflammatoires incluant de nombreux histiocytes ; débris cellulaires) ont été considérées comme non satisfaisants mais désignés seulement comme contenu de kyste.
Les aspirations non satisfaisantes, à contenu de kyste seulement et les aspirations non néoplasiques : 4 champs au moins,  au grossissement 40, de cellules épithéliales, sont exigés pour considérer un prélèvement satisfaisant. 
La catégorie du néoplasme oncocytaire pléomorphe constitue une exception à partir du moment où même de rares cellules sont suffusantes pour formuler le diagnostic.

La catégorie non néoplasique concerne un matériel d’aspiration cytologique qui ne montre pas de processus néoplasique et qui est caractérisée seulement par la présence d’épithélium canalaire et ou acini avec comme fond inflammatoire et des cellules épithéliales réactionnelles.
Les catégories sous le nom d’adénome pléomorphe et de tumeur de Warthin, ont été retenues car ces 2 lésions représentent la plupart des tumeurs rencontrées et qui peuvent être correctement et spécifiquement diagnostiquées sur le matériel d’aspiration cytologique :
Pour l’adénome pléomorphe les caractéristiques cytologiques sont les suivantes : 
Stroma fibrillaire présent dans au moins 25% du matériel lésionnel (c’est-à-dire une cellularité relative < 75%), et cellules myo épithéliales présentes dans le stroma et entourant les structures canalaires sans atypie. Le stroma étant métachromatique à la coloration Romanovsky ou Giemsa.
Pour la tumeur de Warthin les caractéristiques cytologiques sont les suivantes :
Amas cohésifs de cellules oncocytaires avec une anisocaryose légère à modérée.
Un fond lymphocytaire mêlé aux cellules épithéliales
Un fond mucineux discret est acceptable à partir du moment où des tumeurs de Warthin peuvent montrer occasionellement une métaplasie mucineuse.
Les autres caractéristiques qui excluent une tumeur de Warthin, incluent des cellules épithéliales dys cohésives, une faible composante lymphoïde et un haut grade nucléaire.
Les néoplasmes bénins incluant l’adénome pléomorphe et la tumeur de Warthin :
Globalement le diagnostic par cyto aspirations de l’adénome pléomorphe et de la tumeur de Warthin est assez spécifique bien que non vraiment sensible :
Pour l’adénome pléomorphe la spécificité est de 98,8% avec seulement un diagnostic de malignité retrouvé sur la pièce opératoire (risque de malignité de 4,2%). Ces 2 cas de malignité étaient un carcinome ex adénome pléomorphe ; l’incapacité de détecter la malignité sur ces aspirations cytologique est vraisemblablement liée à l’échantillonnage.
Aucune tumeur maligne n’a été catégorisée comme une tumeur de Warthin (faux négatif).
Pour les aspirations néoplasiques qui ne sont pas caractéristiques d’un adénome pléomorphe ou de tumeur de Warthin, elles ont été divisées en catégories à type de néoplasies basaloïde ou Oncocytoide. 
Les néoplasmes basaloïdes sont composés de cellules ayant un cytoplasme peu abondant et elles sont présumées être soit des cellules myoépithéliales, soit des cellules basales. La plupart de ces aspirations sont assez cellulaires et présentent une anisocaryose faible à modérée est par conséquent sont considérées comme des néoplasmes basaloïdes cellulaires monomorphes.
Ces néoplasmes basaloïdes cellulaires monomorphes sont à leur tour divisés en 3 sous catégories : 
Ceux avec un stroma fibrillaire : Dans ce cas précis, ils s’éloignent de l’adénome pléomorphe à partir du moment où ces aspirations sont trop cellulaires.
Ceux avec un stroma hyalin (un stroma épais, homogène) ou le caractère fibrillaire du stroma de l’adénome pléomorphe est manquant. Ces aspirations sont habituellement cellulaires avec une cellularité relative > 75%.
Ceux avec un stroma mixte/autres : Ce stroma peut-être soit fibrillaire soit hyalin. Il peut être entre les 2 ; stroma mixte, fibrillaire et hyalin dans différents endroits, ailleurs, moins abondant pour pouvoir le classer, voire absent. Ces aspirations sont également d’habitude très cellulaires avec une relative cellularité > 75%
Pour les néoplasmes basaloïdes de haut grade nucléaire, la catégorie de néoplasme basaloïde pléomorphe a été retenu : Dans cette catégorie Il existe une prédominance de cellules ayant un cytoplasme peu abondant et un noyau pléomorphe. Présence également d’une activité mitotique, d’une apoptose et d’irrégularités de la membrane nucléaire.
Les néoplasmes Oncocytoides :
Le néoplasme oncocytoide Monomorphe correspond à une catégorie qui comprend de façon prédominante des cellules ayant une anisocaryose légère à modérée avec un cytoplasme abondant granulaire à vacuolaire. Cette catégorie inclut mais non restrictive aux néoplasmes oncocytaires. Dans cette catégorie il existe 3 sous catégories en fonction du fond retrouvé :
Sous catégories de néoplasme Oncocytoide monomorphe avec contenu de kyste comme fond.
Sous catégories de néoplasme Oncocytoide monomorphe avec un fond mucineux.
Sous catégories de néoplasme Oncocytoide monomorphe avec fond autre c’est-à-dire inclassable, comme contenu du kyste ou mucineux : c’est ce qu’on voit d’habitude dans les oncocytomes.
Une sous catégorie additionnelles de néoplasme Oncocytoide a été rajoutée, celle qui montre un cytoplasme abondant granulaire dense et ou vacuolaire. Ces néoplasmes prototypiques correspondent au carcinome à cellules acineuses et au carcinome analogue sécrétoire mammaire. Ils sont considérés comme des tumeurs malignes. Bien que les cellules ne comportent pas de haut grade nucléaire, elles sont présumées être de haut risque de malignité.
===>Les néoplasmes Oncocytoides avec un cytoplasme granuleux et ou vacuolaire: Dans cette catégorie, les cellules néoplasiques ont un cytoplasme granuleux dense et ou multivacuolaire, pouvant correspondre au carcinome à cellules acineuses ou au carcinome sécrétoire analogue mammaire. Ces cyto aspirations sont souvent différenciées de la tumeur de Warthin ou de l’oncocytome ; ceci étant dû à un manque de cohésion des cellules (cellules isolées prédominantes, amas peu cohésifs). Des noyaux nus sont souvent observés indiquant la labilité des cellules tumorales.
Le néoplasme Oncocytoide pléomorphe : Dans cette catégorie les cellules néoplasiques ont un cytoplasme abondant, une anisocaryose marquée avec un pléomorphisme nucléaire et souvent un hyperchromatisme ainsi qu’une activité mitotique augmentée et de l’apoptose.

Classification des catégories cytologiques basée sur le risque de malignité :
La classification  « bénigne » inclut les catégories non néoplasiques, l’adénome pléomorphe, la tumeur de Warthin, montrant ainsi un faible risque de malignité.
NUMP « Neoplasm of a uncertain malignant potential » : 
Néoplasmes ayant un faible risque de malignité (< 50% de risque de malignité). 
Les catégories groupées dans cette classification incluent le néoplasme basaloïde cellulaire monomorphe avec un stroma fibrillaire, le néoplasme basaloïde cellulaire monomorphe avec un stroma hyalin, le néoplasme Oncocytoide monomorphe avec un fond de type contenu de kyste et le néoplasme Oncocytoide monomorphe avec un fond autre. La malignité est retrouvée dans 18% des cas et seulement 4% étaient de haut grade de malignité au cours du suivi.
La classification « suspicion de malignité » est attribuée aux catégories ayant un risque de malignité supérieure ou = 50% mais moins de 100% :
Le néoplasme basaloïde cellulaire monomorphe avec un stroma mixte ou autre, le néoplasme Oncocytoide monomorphe avec un fond mucineux et le néoplasme Oncocytoide avec un cytoplasme granuleux dense /vacuolaire.
Les catégories de néoplasme Oncocytoide pléomorphe et de néoplasme basaloïde pléomorphe montraient un risque de malignité de 100% au cours du suivi et par conséquent ces catégories ont été groupées comme étant positives pour la malignité.
Ces différences de risque de malignité entre les différentes catégories citées ci-dessus, c’est-à-dire bénigne, NUMP, suspicion de malignité et positive pour la malignité étaient statistiquement significatives. Ceci constitue une information utile pour les cliniciens et pour les chirurgiens dans la conduite thérapeutique.
RAPPEL : RISQUE DE MALIGNITÉ :
Lésions non Néoplasiques : 0/25 classé en bénin
Adénome pléomorphe : 2 sur 49 (2 étaient des carcinomes ex adénome pléomorphe)
Tumeur de Warthin : 0 sur 29
Néoplasme basaloïde monomorphe avec un stroma fibrillaire : 2/ 13   (NUMP : Néoplasm of incertain Malignant Potential)
Néoplasme basaloïde monomorphe avec stroma hyalin : 3/7
Néoplasme Oncocytoide à fond de kyste : 0/ 11
Néoplasme Oncocytoide monomorphe avec fond autre : 4/19
Néoplasme basaloïde monomorphe avec fond mixte/autre : 6/10              (Suspiscion de malignité)
Néoplasme Oncocytoide monomorphe avec fond mucineux : 8/10
Néoplasme basaloïde avec cytoplasme granuleux/vacuolaire : 11/13
Néoplasme basaloïde pléomorphe :  4/4   ====>  positive pour la malignité
Néoplasme Oncocytoide pléomorphe :   21/21

CLASSIFICATION HISTOLOGIQUE DES CAS OPÉRÉS
Les cas non néoplasiques incluent des lésions inflammatoires (abcès, sialadénite, hyperplasie lymphoïde réactionnelle), sialolithiase, kyste oncocytaires et hyperplasie et kyste lymphoépithélial.
Les néoplasmes bénins incluent l’adénome pléomorphe, tumeur de Warthin, l’adénome à cellules basales, myoépitheliome, oncocytome, lipo adénome oncocytaire et cystadénofibrome papillaire.
Le diagnostic de malignité est posé en fonction du comportement biologique intrinsèque et du grade cytonucléaire :
Malignité de bas grade : Dans cette catégorie il s’agit de tumeurs ayant une faible récidive locale et un faible potentiel métastatique ainsi que pour celles qui ont un faible grade nucléaire. Ces types de tumeurs sont généralement traitées par chirurgie seule en s’assurant de marges négatives. Elles incluent les carcinomes  à cellules acineuses, l’adénocarcinome à cellules basales, le carcinome épithélial-myoépithélial, le carcinome sécrétoire analogue mammaire le carcinome in situ ex adénome pléomorphe sans autre indication et l’adénocarcinome polymorphe de bas grade.
Malignité de haut grade : Il s’agit de tumeurs qui ont tendance à une récidive locale et un potentiel métastatique. Ce type de tumeur généralement requiert un traitement adjuvant avec curage ganglionnaire en plus de la résection chirurgicale. Elles incluent le carcinome canalaire salivaire (ou salivary duct carcinoma), le carcinome à cellules acineuses de haut grade, le carcinome adénoïde kystique, le carcinome mucoépidermoïde de haut grade, l’adénocarcinome de haut grade sans autre indication, le carcinome oncocytaire, le carcinome peu différencié et le carcinome indifférencié à grandes cellules.
N.B:
1/Spécificiquement, le critère retenu d’avoir au moins 25% de stroma pour la catégorisation de l’adénome pléomorphe permet d’exclure au moins, une petite proportion d’adénome pléomorphe riche en cellules myoépithéliales, de la catégorie des néoplasmes basaloïdes cellulaires monomorphes.
2/la présence d’un stroma hyalin a été proposé pour identifier les néoplasmes à haut risque, en particulier le carcinome adénoïde kystique.
3/le néoplasme basaloïde cellulaire monomorphe avec un stroma mixte/autre avait un haut risque de malignité (60%) avec un haut grade de malignité (40%) dans le groupe des néoplasmes basaloïdes cellulaires monomorphes.
4/le néoplasme Oncocytoide monomorphe avec un fond de contenu du kyste avait le risque de malignité le plus faible. En effet aucun des néoplasmes de cette catégorie n’a été diagnostiqué malin au cours du suivi et la plupart étaient des tumeurs de Warthin.
5/le plus haut risque de malignité (80%) dans le groupe des néoplasme Oncocytoide monomorphe a été observé dans ceux qui avaient un fond mucineux. Dans ce groupe, le carcinome mucoépidermoïde est à considérer avec en particulier les carcinome mucoépidermoïdes de bas grade et de grade intermédiaire.
6/Les néoplasmes Oncocytoides monomorphes n’ayant ni de fond à contenu kystique ni de fond mucineux ont été considérés comme des néoplasmes Oncocytoides monomorphes avec un fond autre et montraient un risque de malignité intermédiaire (22,2%).
7/Cytomorphologiquement, le carcinome à cellules acineuses est caractérisé par un bas grade cytonucléaire avec un cytoplasme abondant vacuolaire ou granuleux dense. De façon similaire Il a été récemment démontré que le carcinome sécrétoire analogue mammaire avait la même similitude cytomorphologique avec un cytoplasme beaucoup plus multivacuolaire à l’inverse du cytoplasme granuleux observé dans le carcinome à cellules acineuses.
8/les catégories de néoplasmes Oncocytoide et basaloïde pléomorphe étaient invariablement malins. Ils incluent des carcinomes à cellules acineuses transformés de haut grade, alors que le reste était de bas grade de malignité (carcinome épithélial-myoépithélial et adénocarcinome à cellules basales).
EN RESUME :
CATEGORIE : NON SATISFAISANTE
(exiger au moins 4 champs au grossissement 40 renfermant des  cellules épithéliales à travers les préparations cytologiques)
Si peu de cellules épithéliales + cellules inflammatoires + histiocytes + débris cellulaires : ===> matériel non satisfaisant mais considéré compatible avec le contenu de kyste
CATEGORIE : NON NEOPLASIQUE
CATEGORIE DE LESIONS BIEN DEFINIES : 
ADENOME PLEOMORPHE ET TUMEUR DE WARTHIN
CATEGORIES AUTRES QUE ADENOME PLEOMORPHE ET TUMEUR DE WARTHIN :
-----> NEOPLASMES BASALOIDES :
MONOMORPHES AVEC :
STROMA FIBRILLAIRE
STROMA HAYLIN
STROMA MIXTE/AUTRE
PLEOMORPHES : Haut Grade Nucléaire
-----> ONCOCYTOIDES :
MONOMORPHES AVEC :
FOND DE KYSTE
FOND MUCINEUX
FOND AUTRE
ONCOCYTOIDE AVEC CYTOPLASME GRANULEUX DENSE/VACUOLAIRE
ONCOCYTOIDE PLEOMORPHE : (Cellules avec cytoplasme abondant, haut grade nucléaire avec pléomorphisme et souvent hyperchromatisme, index mitotique élevé et apoptose)



samedi 18 mars 2017

DESCRIPTEURS T, N, M DANS LA 8EME EDITION DE LA CLASSIFCIATION TNM DES CANCERS DU POUMON


Proposition de classifications du descripteur  T, clinique et pathologique des tumeurs inférieures à 3 cm : ADENOCARCINOME avec aspects en « verre dépoli » et composante lépidique au CT scan et en pathologie :

CATEGORIES  cT OU T CLINIQUES :

Les images au CT scan (HRCT) peuvent être suggestives des diagnostics histopathologiques mais elles sont aspécifiques parce que l’aspect de verre dépoli ne correspond pas toujours à un pattern lépidique et parce que la composante solide ne corrèle pas forcément à une composante invasive.
Le diagnostic final ou pT final de ces catégories de tumeur nécessite un examen de la totalité de la tumeur réséquée.

Tis (ADNK IN SITU OU AIS) :
Catégorie clinique : cT :
Aspect de verre dépoli « pur », mesurant moins de 3 cm de grand axe. Cependant  un « pur » verre dépoli peut-être aussi un adénocarcinome avec invasion minime ou MIA  ou encore un adénocarcinome invasif.

Catégorie pathologique :pT :
 Pattern lépidique pur sans signe d’invasion, mesurant moins de 3 cm.
Si le « pur » verre dépoli ou de nodule lépidique prédominant mesure plus de 3 cm, il est donc classé en adénocarcinome lépidique ou LPA (prédominant) et doit être stagé T1a.

T1mi :
cT :
MIA a habituellement un nodule en « verre dépoli » prédominant, inférieur à 3 cm avec une composante solide qui ne doit pas dépasser 5 mm.

pT :
MIA= ADNK à prédominance lépidique mesurant moins de 3 cm avec une composante invasive inférieure ou égale à 5 mm.

T1a :
cT :
Nodule avec aspect de verre dépoli prédominant, mesurant moins de 3 cm avec une composante solide entre 0.6 cm et 1 cm (ou 6 mm et 10 mm).

pT :
LPA inférieur ou égal à 3 cm avec une composante invasive située entre 0.6 cm et 1 cm :
===> Classé pT1a.

T1b :
cT :
Nodule en verre dépoli prédominant inférieur ou égal à 3 cm avec une composante solide entre 11 mm et 20 mm (1.1 cm et 2 cm).

pT :
LPA de taille inférieure ou égale à 3 cm + une composant invasive mesurant entre 1.1 cm et 2 cm.
===> Classé pT1b

T1c :
cT :
Nodule en verre dépoli prédominant de taille inférieure ou égale à 3 cm avec présence d’une composante solide de taille entre 21 mm et 30 mm (2.1 cm et 3 cm).

pT :
ADNK invasif + une composante lépidique mesurant moins ou égal de 3 cm, ayant une composante invasive mesurant entre 2.1 cm et 3 cm.
===> Classé pT1c.

N.B :
1 /Dans le cas où il existe des foyers multiples de composante solide ou invasive, il est suggéré d’estimer la taille de la composante invasive en additionnant les % des zones  constituées de composantes invasives et de multiplier le résultat obtenu par le diamètre total de la tumeur.
2/Si verre dépoli prédominant ou LPA > 3 cm, ===> il doit être classé comme pT1a.
3/ Si verre dépoli prédominant et présence d’un nodule solide ayant une composante solide de moins de 0.5 cm équivalent de MIA, et que la taille totale de la tumeur dépasse 3 cm de grand axe, elle doit être classée pT1a.

Dans la nouvelle édition , le « CUTOFF » retenu est celui de 3 cm pour séparer les tumeurs T1 et T2.

Les tumeurs > 5 cm et < 7 cm (maintenant classées T3) : Elles ont un pronostic plus sombre que celui qui a été déterminé dans la précédente édition TNM (7ème édition).

Les tumeurs > 7 cm (maintenant T4), ont un pronostic similaire à celui décrit dans les autres descripteurs de la catégorie T4.

La localisation tumorale de moins de 2 cm de la carène (T3 dans la 7ème édition), mais sans atteinte de la carène, possède le même pronostic que celui de la localisation endobronchique qui est supérieure à 2 cm de la carène (T2 dans la 7ème édition).

Atélectasie/pneumopathie de la totalité du poumon (T3 dans la 7ème édition) a le même pronostic que s’il y avait une atélectasie partielle atteignant donc une partie du poumon et étendue à la région hilaire (T2 dans la 8ème édition) : DE T3, on passe à T2.

L’atteinte du diaphragme (T3 dans la 7ème édition), devient T4 dans la 8ème édition et a un pronostic plus sombre que les T3 qui sont similaires aux tumeurs T4.
L’atteinte de la plèvre médiastinale ne constitue plus désormais de descripteur discriminant.

MESURE DE LA TAILLE DE DE L’ADNK NON MUCINEUX EN PARTIE SOLIDE
Pour définir la catégorie T par la taille de la tumeur, seulement  la taille de la composante solide au CT scan ou la taille de la composante invasive sur les documents histopathologiques, sont prises en compte, parce que c’est la taille de la composante solide/invasive qui détermine le pronostic. 
Cependant  la documentation à la fois de la composante solide/invasive et de la composante lépidique radiologiquement et histologiquement, est recommandée 

LE DESCRIPTEUR N :
La quantification ganglionnaire par le nombre des stations ganglionnaires atteintes, est le suivant :
N1a : Atteinte d’un seul ganglion de la loge ganglionnaire N1
N1b : Atteinte de ganglions multiples de la loge ganglionnaire N1
N2a1 : Atteinte d’un seul ganglion de la loge ganglionnaire N2 sans atteinte N1 (skip métastase)
N2a2 : Atteinte d’un seul ganglion de la loge ganglionnaire N2 avec une atteinte N1
N2b : Atteinte de ganglions multiples de la loge ganglionnaire N2
N1b et N2a : Atteintes ayant le même pronostic
Survie à 5 ans en fonction de l’atteinte des différents catégories N :
N1a : 59%
N1b : 50%
N2a1 : 54%
N2a2 : 43%
N2b : 38%

ATTEINTE DE LA PLEVRE VISCERALE :
PL0 : absence de rupture de la lame élastique
PL1 : atteinte de la plèvre viscérale : rupture de la lame élastique
PL2 : atteinte de la plèvre viscérale : atteinte du revêtement mésothélial
PL3 : atteinte de la plèvre pariétale.

IMPORTANCE DE LA COLORATION AVEC L’ORCEINE SUR LES TUMEURS RESEQUEES
Différence de pronostic entre atteintes PL1 et PL2 avec un pronostic plus sombre que s’il y a une atteinte PL1.

NODULES SEPARES AVEC MEME ASPECT HISTOPATHOLOGIQUE (METASTASES INTRA PULMONAIRES) :
T3= Nodules tumoraux séparés dans même lobe que la tumeur primitive
T4= Nodules tumoraux développés dans lobes différents de même poumon
M1a= Nodules tumoraux dans poumon contro latéral
M1b ouM1c= Métastases extra thoraciques en fonction du nombre des sites métastatiques.

ADENOCARCINOME PULMONAIRE MULTIFOCAL AVEC VERRE DEPOLI/CARACTERITIQUES LEPIDIQUES :
Exemple :
Un patient ayant une tumeur en partie solide de 3 cm de plus grande dimension,  correspondant  à une opacité « en verre dépoli », prédominante et une composante solide de 4 mm, dans le lobe supérieur droit, en plus de 3 opacités en « verre dépoli », pur, dans le lobe droit et 2 opacités en « verre dépoli » pur, dans le lobe gauche mesurant entre 1 cm et 3 cm, le tout, sans atteinte ganglionnaire au CT scan, la classification clinique serait : cTmi, N0, M0.
En l’absence de diagnostic histo pathologique, cette classification montre que la tumeur la plus avancée semble être un ADNK A INVASION MINIME (la composante «en « verre dépoli » correspond à la part lépidique et la composante solide correspond à la part invasive, de type invasive minime parce qu’elle mesure moins de 5 mm),  accompagnée de 5 autres lésions lesquelles sont moins invasives et par conséquent ayant un plus faible T.
Si le Tmi est le plus avancé, alors les autres 5 lésions sont considérées seulement comme des adénocarcinomes in stu : Tis (AIS).

ADENOCARCINOME DU POUMON DE TYPE PNEUMOIIQUE DIFFUS :
Si c’est un foyer simple, le T est défini par la taille de la tumeur, en application avec la classification TNM générale
Si il existe plusieurs foyers, la classification tumorale est basée sur la localisations des zones atteintes (incluant l’atteinte miliaire, c,à,d, la présence de multiples petits nodules dans le parenchyme pulmonaire) : T3 si c’est dans un lobe, T4 si dans plusieurs lobes du même poumon et M1a si c’est dans le poumon controlatéral avec la catégorie T définie pour la tumeur de plus grande taille.
Si la taille de la tumeur est difficile à déterminer,  le T4 s’applique s’il n’y a pas d’autre atteinte au niveau du lobe homolatéral.


mercredi 17 février 2016

UIP

UIP

IPF:
/Pneumopathie interstitielle chronique fibrosante, progressive, d’étiologie indéterminée, limitée au poumon
/Patients fumeurs ou ex-fumeurs, > 60 ans
/Non commune chez les sujets de moins de 50 ans: Rechercher dans ce cas, une étiologie systémique ou environnementale
/IPF définie par patterns radiologique et/ou histologique de type UIP pattern
/UIP pattern se rencontre aussi dans d’autres pathologies secondaires: CTD (arthrite rhumatoïde), toxicité médicamenteuse (Amiodarone par exemple), HP chronique, asbestose, syndrome de HERMANSKY-PUDLAK
/D’ou l’UIP n’est pas synonyme de l’IPF et le Dg d’IPF doit nécessiter la recherche minutieuse (ou exclure) d’autres causes de fibrose pulmonaire
/Dg GOLD-STANDARD: APPROCHE MULTIDISCIPLINAIRE: CLINICIENS/RADIOLOGUES/PATHOLOGISTES

Théorie:
Le processus fibrosant qui caractérise l’IPF est communément considéré comme le résultat d’une atteinte récurrente de l’épithélium alvéolaire suivi d’une prolifération incontrôlée de fibroblastes.
Récemment il a été évoqué une hypothèse que l’IPF pourrait être considérée comme un désordre néo prolifératif du poumon parce que cette pathologie montre de nombreuses caractéristiques pathogéniques similaires au cancer.
En effet, des anomalies épigénétiques et génétiques, des altérations au niveau des communications inter cellulaires, une prolifération incontrôlée et une activation anormale de voies de signaux de transduction spécifiques, sont des marqueurs biologiques qui caractérisent la pathogénèse de l’IPF et du cancer.
Le concept de IPF comme une pathologie cancer-like, peut être une aide à identifier de nouveaux mécanismes pathogéniques qui peuvent être empruntés à la biologie du cancer, pouvant déboucher sur des approches thérapeutiques plus efficaces.

UIP pattern en histologie: Considérations pour le clinicien:

Exemple: Des zones de NSIP à un stade de fibrose sont fréquemment rencontrées dans l’UIP, par conséquent un mauvais échantillonnage peut induire en erreur et poser le Dg de NSIP. Cependant, le pronostic va dépendre de l’UIP Pattern qui n’est pas représenté sur le prélèvement.
Lorsque le Dg d’UIP est posé, la deuxième étape est d’aider le clinicien à différencier l’IPF d’une UIP secondaire à une pathologie sous jacente.

LE DIAGNOSTIC DE L’UIP REPOSE SUR:
1-Patchwork pattern: Zones altérées avec transition abrupte avec du parenchyme sain: Hétérogénéité spatiale
2-Distorsion architecturale avec cicatrice fibreuse ou fibrose et aspect de rayons de mile oblitérant les structures alvéolaires
3-Hétérogénéité temporelle due à la présence de foyers fibroblastiques qui signifient une atteinte en cours sur un fond de tissu fibreux et rayons de mile qui indiquent une atteinte déjà établie

UIP SECONDAIRE:
-Histologie identique à l’IPF (UIP/IPF)
-Distinction basée sur données biologiques et cliniques
-Caractéristiques suggérant une pathologie sous jacente existent bien: par ex, CTD ou HP chronique
A savoir que de telles caractéristiques sont subtiles et le pathologiste doit les rechercher attentivement bien qu’elles ne soient entièrement spécifiques car elles peuvent se voir au cours de l’IPF mais moins fréquemment
D’OU IMPORTANCE DE LA CORRELATION CLINIQUE, RADIOLOGIQUE ET HISTOLOGIQUE

CTD:
-Il s’agit d’un spectre hétérogène d’anomalies histologiques au niveau du poumon
-Majorité des cas prend la forme de NSIP
-Pattern UIP dans k’arthrite rhumatoïde et e syndrome de Sjogren
-La présence de bronchiole folliculaire floride avec des centres germinatifs ou un infiltrat lymphocytaire dense interstitiel dans un fond de fibrose avec un pattern UIP, suggère le dg d’arthrite rhumatoïde et d’un sd de Sjogren, respectivement
-Un autre argument est la présence sur la même biopsie, de modifications aigues, subaiguës et chroniques lorsque la CTD produit une fibrose pulmonaire
-Les patients avec CTD-UIP ont des foyers fibroblastiques peu nombreux, peu de rayons de miel et peu d’emphysème par rapport à ceux qui ont une IPF
-Enfin une fibrose pleural est typiquement présente dans l’arthrite rhumatoïde et d’autres formes de CTD avec des manifestations thoraciques mais non communes dans l’IPF

HP CHRONIQUE:
-Survient après exposition à des antigènes inhalés
-Caractérisée par :
/une fibrose bronchocentrique
/mais aussi peut se manifester comme une fibrose indistincte de l’UIP pattern rencontré dans l’IPF

IL EXISTE QUELQUES CLES DIAGNOSTIQUES AIDANT A ETABLIR L’ETIOLOGIE D’HP CHRONIQUE: (modifications subtiles à rechercher):
/Prédominance lobe supérieur de l’UIP pattern
/Fibrose en pont, ç,à,d, connexion linéaire entre zones centro et péri lobulaires/ sous pleurales et paraseptales ou entre zones centro lobulaires et zones adjacentes centro lobulaires
/la présence de cellules géantes isolées ou micro granulomes
/une bronchiole cellulaire ou pneumonie organisée bronchiolocentrique et métaplasie péri bronchiolaire

TOXICITE A L’AMIODARONE:
/Atteinte argue ou subaiguë alvéolaire avec hyperplasie des pneumocytes II (cytoplasme spumeux)
/Présence de macrophages spumeux intra alvéolaires
/BOOP et DAD peuvent être présents

OPTIONS THERAPEUTIQUES:
/Interrompre le mécanisme de la fibrose
/Réduire-Neutraliser la source de l’atteinte (ou de la blessure)
/Traiter les phénomènes inflammatoires secondaires
/Traiter les complications de la toux et de l’HTP
/Transplantation pulmonaire


samedi 30 janvier 2016

SARCOME DES TISSUS MOUS

SARCOMES DES TISSUS MOUS

 


TUMEURS A CELLULES ADIPEUSES

TUMEURS A CELLULES RONDES

TUMEURS MYXOIDES

TUMEURS A CELLULES  PLEOMORPHES

TUMEURS A CELLULES FUSIFORMES

 

DANS LE DESORDRE :​

1% des tumeurs malignes

MICRO BIOPSIE ET IMAGERIE+++

MYOGENINE : Anticorps obligatoire pour le dg de RHABDOMYOSARCOME (RMS). Positivité nucléaire à rechercher là où la DESMINE est positive

Attention : Elle peut être positive dans les tumeurs mixtes mullériennes : composante possible des RMS, en général de mauvais pronostic

(LES RMS à l’intérieur du tronc sont en fait, des LIPOSARCOMES (LPS) DEDIFFERENCIES

ERG : Anticorps utile pour le dg de l’angiosarcome (avec le CD31)

 

QUELQUES EXEMPLES :

. Femme de 30 ans, post partum, tumeur de 7 cm, paroi abdominale : TUMEUR DESMOIDE

. Enfant de 2 ans, tumeur de vessie polypoide, myxoide, 3 cm : RMS DE TYPE BOTRYOIDE (Desmine et Myogénine)

. Homme de 65 ans, tumeur profonde, cuisse, 12 cm de grand axe : LIPOSARCOME BIEN DIFFERENCIE

. Enfant de 6 mois, nodule du cuir chevelu, 2 cm : XANTHOGRANULOME JUVENILE

. Homme de 55 ans, tumeur intra musculaire, cuisse, 7 cm : DG A ELIMINER A COUP SUR : LIPOME A CELLULES FUSIFORMES (siège privilégié : cou, nuque, épaule)

[HIBERNOME : Tumeur profonde souvent cuisse : cellules micro vacuolaires à côté de cellules adipeuses mâtures

FASCIITE NODULAIRE : nodule sous cutané bien limité: Dg coup d’œil, à évoquer en premier lieu

SARCOME A CELLULES CLAIRES OU SARCOME DES TISSUS MOUS : PS100+++

DERMATO FIBRO SARCOME DE DARRIER FERRAND (DFS) : INFILTRATION HYPODERME CD34+. Equivalent chez l’enfant : FIBROBLASTOME A CELLULES GEANTES

LIPOSARCOME MYXOIDE : JAMAIS DANS LE RETROPERITOINE+++, réseau vasculaire plexiforme, parois fines des vaisseaux, lacs ou pseudo kystes. A différencier du LIPOSARCOME BIEN DIFFERENCIE SCLEROSANT (membres ou cuisse, parois vasculaires épaisses)

SYNOVIALOSARCOME : Pattern hémangiopéricytaire(avec le PNET)]

 

IMPORTANCE DE LA CLINIQUE/ AGE- ANTECEDENTS- SIEGE-TAILLE) : Fasciite nodulaire par exemple, est de petite taille, environ 1 cm, jamais 10 cm !

HES DE QUALITE

ECHANTILLONAGE​

TISSU CONGELE PREFERE A LA PARAFFINE POUR LA BIOLOGIE MOLECULAIRE DES SACOMES DES TISSU MOUS

BIOLOGIE MOLECULAIRE INDISPENSABLE : > 50% DES SARCOMES, de plus en plus systématique et utile pour le traitement et les inclusions dans les essais cliniques

ATYPIES NUCLEAIRES Peuvent être présents dans des lésions bénignes : exemple ; HCF BENIN AVEC ATYPIES-ABSENCE DE MITOSES

 

IMMUNOHISTOCHIMIE :

Ne pas inclure dans bloc unique

1 seul plan de coupe /lame

Réserver quelques lames blanches en début de coupe

Construire un raisonnement avant de demander les anticorps​

ANTICORPS DE BASE :

AE1/AE3- EMA- AML- DESMINE-H-CALDESMONE-MYOGENINE-CD31/ERG-CD34

PANEL DE DEUXIEME LIGNE :

MDM-HHV8-STAT6-MUC4 (pour le sarcome fibromyxoide de bas grade)-ALK1-INI1(tumeur rhabdoide de l’enfant)-CKIT/DOG1 (GIST)-CD99

Attention au MDM2 : il marque les histiocytes quand il s’agit d’un lipome remanié

A EVITER : VIMENTINE-CD56-BCL2-FLI1-WT1-CALRETININE

Ki67 : utile si on ne voit pas de mitoses

 

TUMEURS A CELLULES RONDES :

CD3-CD20-CD30 (pour ne pas passer à côté d’un lymphome)-PS100-DESMINE-MYOGENINE-CYTOK-EMA

2ème ligne : CD99-INI1-CYCLIN B3- ETV4​

TUMEURS A CELLULES FUSIFORMES :

CYTOK-EMA-AML-DESMINE-H-CALDESMONE (et non pas la PAN-CALDESMONE qui est comme l’actine)-PS100-CD34-CKIT/DOG1 (si tumeur intra abdominale)

TUMEURS A CELLULES PLEOMORPHES :

CYTOK-EMA-DESMINE-H-CALDESMONE-PS100- CD34-MDM2

Le CD34 est positif en réseau dans les neurofibromes diffus à la différence avec le Schwannome)

Le CD168-CD68 : Marqueurs histiocytaires

LES MYOFIBROBLASTES (à bien reconnaitre morphologiquement) sont AML++, DESMINE+ focalement mais H-Caldesmone-

TROIS ANTICORPS A DEMANDER DEVANT TOUT SARCOME A CELLULES PLEOMORPHES : DESMINE-MDM2-H-CALDESMONE

 

EN RESUME :

RMS : DESMINE-MYOGENINE

GIST : CKIT/DOG1 (Devant toute tumeur intra abdominale penser à demander un cKIT/DOG1+++)

SARCOME A CELLULES CLAIRES: PS100-HMB45

SARCOME FIBRO MYXOIDE DE BAS GRADE : MUC 4

ANGIOSARCOME : ERG-CD31 (CD34)

HEMANGIOENDOTHELIOME EPITHELIOIDE :ERG-CD31 (CD34)

KAPOSI: HHV8 (marquage nucléaire granulaire)

SYNOVIALOSARCOME : EMA+ : 90%-100%, AE1/AE3

LEIOMYOSARCOME : AML, DESMINE, H-CALDESMONE

DFS-TUMEUR FIBREUSE SOLITAIRE (TFS): CD34 –STAT6 (pour TFS+++)

MNPST : P100

LIPOSARCOME DEDIFFERENCIE : MDM2 (CDK4)

SARCOME ALVEOLAIRE DES PARTIES MOLLES: TFE3

TUMEUR RHABDOIDE :INI1

TUMEUR MYOFIBROBLASTIQUE : ALK1

DEVANT TOUT SARCOME INDIFFERENCIE, PLEOMORPHE : FAIRE UNE FISH MDM2+++​

DEVANT UN SARCOME A CELLULES FUSIFORMES DE HAUT GRADE FAIRE : PS100-DESMINE-H-CALDESMONE-MDM2

SI DEMINE EST + : FAIRE MYOGENINE. SI MYOGENINE EST + : IL S’AGIT D’UN RMS A CELLULES FUSIFORMES

LE HMGA2 :

SI POSITIF : INDIQUE QUE LA TUMEUR EST DE NATURE LIPOMATEUSE OU LIPOSARCOMATEUSE. Il est utile pour évaluer les limites dans un LPS par exemple. Il est également positif dans les HCF  et positif dans les fasciites nodulaires (POSITIVITE NUCLEAIRE)

Chez l’enfant devant un aspect de fibroxanthome atypique penser ; XerodermaPigmentosum

VRAI LIPOBLASTE ; Cellule uni ou multivacuolaire-vacuoles optiquement vides (à la différence des myxofibrosarcomes ou HMF myxoides où certaines cellules peuvent contenir des débris)-encoche nucléaire concave-atypies nucléaires (dans liposarcomes myxoides les atypies sont discrètes)

DANS L’UTERUS, devant une tumeur à cellules fusiformes pléomorphes avec des cellules géantes de type ostéoclaste-like, penser à faire une H-Caldesmone

TUMEUR MYXOIDE : LOBULATION+++/HOMOGENE

UNE TUMEUR MYXOIDE PROFONDE PEUT ETRE BENIGNE

PS100 INFAILLIBLE DANS LE DG DU NEUROFIBROME

LE MYXOFIBROSARCOME OU MFH MYXOIDE EST SUPERFICIEL, SOUS CUTANE DANS 2/3 DES CAS (DG DIFFERENTIEL AVEC LA FASCIITE ISCHEMIQUE)

LE LIPOME A CELLULES FUSIFORMES EST : SUPERFICIEL-COU, NUQUE, EPAULE, PEUT ETRE MYXOIDE-CD34+ RB1 NEGATIVE (témoin interne positif cellules endothéliales), PS100-.Il a eté décrit ailleurs (cuisse) D’OU FAIRE UNE FISH ET UN CGH ARRAY

LIPOBLASTOME : ENFANT, MOINS DE 5-10 ANS, JAMAIS > 10 ans, LOBULE, ZONES MYXOIDES EN PERIPHERIE

NEUROTHECOME : DEUX ENTITES :

CELLULAIRE : PS100-, NKIC3+. TUMEUR TYPIQUE DE LA FEMME-FAISCEAUX AVEC DES EXTREMITES RENFLEES-ASPECT VAGUEMENT MYXOIDE

MYXOIDE OU MYXOME DES GAINES NERVEUSES : PS100+. TUMEUR LOBULEE, LOBULATION TRES MARQUEE TYPIQUE DES MYXOMES DES GAINES NERVEUSES, ASPECT ARACHNOIDE DES NOYAUX, AGE MOYEN-SUJETS AGES

SARCOME FIBROBLASTIQUE MYXO INFLAMMATOIE : MAIN, POIGNET, LOCALEMENT AGRESSIF, NE PAS CONFONDRE AVEC UN PROCESSUS INFLAMMATOIE

DFS MYXOIDE : Dg difficile-Zones stroriform pattern-infiltration du tissu adipeux qui ne réagit pas à rechercher. FISH A FAIRE

AU TERME D’ANGIOMYXOME AGRESSIF PREFERER LE TERME D’ANGIOMYXOME PROFOND (car il n’est pas si agressif que çà : Au début, les cas initialement décrits récidivaient dans plus de 50% des cas. La tendance actuelle est de l’ordre de 10% de récidives). Il est généralement mal limité. Si bien limité, penser à L’ANGIOFIBROME CELLULAIRE OU ANGIOMYOFIBROBLASTOME. SI POLYPOIDE, C’EST UN POLYPE FIBRO EPITHELIAL

SUR MICROBIOPSIE, LE SARCOME FIBRO MYXOIDE DE BAS GRADE est difficile à affirmer car il peut ressembler à UNE TUMEUR DESMOIDE. SI ON HESITE FAIRE UNE MUC4

SCHWANNOME CELLULAIRE : LOCALISATION RETROPERITONEALE POSSIBLE-BIEN LIMITEE-AMAS LYMPHOIDES EN PERIPHERIE-PS100 INFAILLIBLE

LE LPS DEDIFFERENCIE PEUT RESSEMBLER A N’IMPORTE QUOI : PAR EXEMPLE, EN REGION PARATESTICULAIRE ET EN REGION RETROPERITONEALE. PENSER A FAIRE MDM2+++

LE MDM2 EST HYPEREXPRIME DANS LE LPS DIFFERENCIE ET LE LPS DEDIFFERENCIE

SE RAPPELER : LE LPS BIEN DIFFERENCIE SCLEROSANT EST DE SIEGE RETROPERITONAL, LE LPS MYXOIDE EST DE SIEGE AU NIVEAU DES MEMBRES, JAMAIS RETROPERITONEAL

 

 

 

 

 

 

 

DR J BADREDDINE-  ATALANTE PATHOLOGIE JANVIER 2016​Page 6